Description complète
Les anthropologues étudient l'humain, à toutes les étapes de la vie, dans ses relations avec un environnement composé d'autres humains et de non-humains (animaux, technologies, végétaux, objets, esprits, etc.). Ces professionnel·les analysent des phénomènes sociaux et culturels variés en partageant le quotidien de collectifs divers :
- Parcs animaliers
- Services publics
- Bureaux d'études
- Centres pour demandeurs de protection internationale
- Structures médicales
- ASBL ou collectifs citoyens
- Crèches ou écoles
- Etc.
Comment les contextes locaux (ex. : la vie dans un quartier déserté par les pouvoirs publics) et globaux (ex. : les transformations liées au changement climatique) influencent-il les manières de vivre, de penser et de ressentir et quelles adaptations produisent-ils au niveau collectif ? Pour répondre à cette question, les anthropologues mêlent recherche de terrain, ancrage théorique, posture réflexive et éclairage comparatif. Cette approche qui part du terrain leur permet de décoder de manière nuancée le monde complexe dans lequel nous vivons.
Une expertise au service de la société
L'anthropologie se pratique, de nos jours, aussi bien dans des contextes proches qu'éloignés. Il s'agit d'une discipline fondamentale des sciences sociales dont l'expertise méthodologique et analytique est de plus en plus recherchée par différents acteurs et actrices de la société (ONG, associations, musées, entreprises, etc.) pour comprendre les réalités de terrain, accompagner le changement de manière participative et ancrée, et contribuer à lutter contre toutes les formes d'inégalité.
Apprendre l'anthropologie à l'ULiège pour agir concrètement
Le master en anthropologie de l'Université de Liège est généraliste, c'est-à-dire qu'il offre une solide formation aux fondamentaux de la discipline, tout en permettant de se spécialiser progressivement en fonction de ses propres centres d'intérêt. Le programme a pour objectif de former les étudiant·es à la mise en uvre concrète de recherches de terrain et à l'analyse théorique qui en est indissociable pour devenir un·e scientifique rigoureux·se, capable d'intervenir dans des contextes (sociaux, institutionnels et professionnels) variés en associant analyse critique et action concrète.À partir de leurs propres études de terrain, les étudiant·es apprennent ainsi à analyser les dynamiques sociales et culturelles qui traversent le monde contemporain. Pour ce faire, la formation mise sur un accompagnement étroit des démarches ethnographiques (terrains), une solide formation théorique et une ouverture à une grande variété de thématiques.
POINTS FORTS DE CE MASTER
Une offre originale et variée
Le master aborde différents champs de recherche pour comprendre les dynamiques du capitalisme, les relations entre humains, nature et animaux, la place de l'enfance et de la jeunesse, les liens entre anthropologie et art, les enjeux de l'alimentation, le rapport à la santé ou encore au droit, etc... Une large palette de cours d'anthropologie qui outillent les étudiant·es pour décoder les grands enjeux actuels.
Une approche pédagogique plurielle
Les méthodes d'enseignements privilégient l'accompagnement individuel, ainsi que la discussion lors de séminaires interactifs et en petit groupe. La plupart des cours obligatoires croisent un travail théorique et de terrain, ainsi que des débats ou des exercices pratiques, contribuant à faire des étudiant·es les acteur·rices de leur formation.
Décentrement et posture réflexive
Au plus près du terrain et grâce au travail d'écriture, les étudiant·es développent une réflexion personnelle et critique qui les amène à déconstruire leurs préjugés, éviter les jugements moraux, adopter une démarche éthique, afin de devenir des professionnel·les capables de s'adapter, de réfléchir et d'agir dans des contextes variés, au-delà du seul monde académique.
Un lien fort entre recherche et enseignement
Les enseignements sont nourris des projets menés par les chercheur·euses au sein du Laboratoire d'Anthropologie Sociale et Culturelle (LASC). Ce choix permet aux étudiant·es d'apprendre au contact d'une recherche vivante, en prise directe avec les enjeux actuels, et de développer des compétences transférables dans une grande diversité de contextes professionnels. Quelques projets de recherche en cours :
- Les politiques de conservation en Afrique centrale
- La transmission dans les nouvelles spiritualités en Hongrie
- La communication entre humains et animaux dans différents pays
En Belgique francophone, ces recherches explorent notamment :
- Le rapport des migrants au Droit et à l'État
- Les questions de genre dans l'accueil de la petite enfance
- La transition alimentaire en lien avec la diversité et l'inclusion
- Etc.
LA PRATIQUE DU TERRAIN ET LE MEMOIRE AU COEUR DU MASTER
Une importance particulière est accordée à l'expérience de terrain, qui permet d'apprendre le métier mais aussi de s'exercer à la posture de l'anthropologue, et de réfléchir à sa place et à son rôle dans la société.
Dans un premier temps, de courts terrains amènent à maîtriser les méthodologies de recherche. Ces compétences sont ensuite développées dans le cadre d'un projet de mémoire (bloc 1), puis d'un mémoire (bloc 2) portant sur un sujet choisi par l'étudiant·e. Pendant la seconde année de master, le dernier quadrimestre est entièrement consacré au mémoire, de la réalisation du terrain ethnographique à la rédaction du travail.
Il s'agit d'une étape centrale de la formation, permettant à chaque étudiant·e de mobiliser tous les apprentissages réalisés au cours des années précédentes en étant accompagné·e par un promoteur ou une promotrice. Ce suivi individuel est complété par un séminaire de préparation au mémoire fournissant un suivi collectif et un apprentissage entre pairs.
Quelques exemples de sujets de mémoires déjà défendus
- Les tribunaux de la jeunesse à Liège
- Les sanctuaires pour animaux de ferme en France
- L'hébergement citoyen et les parcours migratoires en Belgique
- La société civile et le traitement des déchets en Tunisie
- Les enfants en situation de handicap en Wallonie
- La construction d'une communauté spirituelle entre la Belgique et les Pays-Bas
PARTICIPER À DES PROJETS VARIÉS
Exemple 1 : Archive digitale de culture matérielle
Que racontent les objets ?
« C'est juste un gadot, il m'aide, c'est tout » Dans son journal de terrain, Robin a recueilli le témoignage d'une personne âgée qui fait usage, au quotidien d'un déambulateur. Manon a quant à elle exploré l'usage que fait son petit frère de ses lunettes de vue, devenues au fil des années une sorte d'extension de son corps. Dans le cadre d'un cours d'Anthropologie de la culture matérielle, des étudiants en anthropologie ont mené une enquête de terrain (observations et entretiens) autour d'objets du quotidien. Ils ont étudié la « vie sociale » de ces objets, c'est-à-dire leur usage, leur parcours, leur impact sur les relations humaines et leur rôle dans la construction de l'identité.
Objets et histoires à découvrir dans l'archive digitale de culture matérielle :
www.lasc.uliege.be/archive-digitale
Exemple 2 : Fictio-débat
Eclairer autrement des questions de société
Imaginé, organisé et animé par les étudiant·es dans le cadre du cours d'Anthropologie de la parenté et du corps, le jeu de rôle appelé "fictio-débat" propose d'explorer des questions de société lors d'un débat fictif public, à la fois sérieux et ludique. Homoparentalité, avortement, transition de genre ou encore adoption internationale ... autant de thèmes abordés à partir des outils et questionnements de l'anthropologie, à l'aide d'un dispositif encourageant la réflexion critique, la créativité et l'échange.
Autres exemples
- Réalisation de podcasts et exercices d'"écriture alternative", complémentaires des écrits académiques
- Organisation et animation par les étudiant·es d'un séminaire de recherche méthodologique consacré aux apports de l'anthropologie de l'enfance
- Initiation au dessin ethnographique, à la cartographie sensible et à d'autres formes graphiques
- Portraits de personnes engagées dans des parcours spirituels, en collaboration avec le Musée de la Vie Wallonne
- Résidences de recherche et workshops en collaboration avec des artistes
Atouts du programme
Des stages / du terrain
Au cours du master, l'étudiant·e est confronté·e au monde du travail, dans un secteur qu'il ou elle a choisi, afin d'expérimenter les compétences acquises et de découvrir les exigences et les attentes d'employeurs potentiels. Les stages (ou le terrain, pour la formation d'anthropologie), inscrits au programme des masters, permettent ainsi de mieux intégrer tous les apports de la formation universitaire.
Pratiquer les langues étrangères
Les programmes de mobilité internationale permettent de compléter la formation en langues étrangères et l'immersion dans d'autres mondes, plus ou moins lointains, plus ou moins exotiques...
Acquis d'apprentissage
Objectifs
Le master en Anthropologie (2 ans) vise à former les étudiant·e·s à l'analyse de dynamiques sociales et culturelles à partir de la mise en oeuvre de recherches de terrain et le développement de compétences tant théoriques que méthodologiques. L'expertise acquise peut se déployer tant dans les pays du sud que du nord.
ACQUIS D'APPRENTISSAGE
L'étudiant au cours de sa formation est amené à :
- dépasser toute forme d'ethnocentrisme porteuse de préjugés et de jugements moraux ;
- réfléchir en situation à la tension entre universalisme et relativisme ;
- appréhender, à partir des discours et des pratiques des acteurs tant individuels qu'institutionnels, la façon dont de nouvelles relations et configurations, problématiques ou non, se construisent ;
- contextualiser ces relations et configurations historiquement et politiquement ;
- comprendre l'inscription de ces relations et configurations dans la vie sociale et culturelle des acteurs pour pouvoir en rendre compte dans toute leur complexité.
A l'issue de cette formation, l'étudiant doit être capable de :
- d'entrer rapidement en contact avec tous les acteurs individuels et institutionnels impliqués dans une situation donnée et de s'intégrer parmi eux ;
- de mettre en uvre un terrain ethnographique inscrit dans une approche anthropologique inductive et comparative ;
- de mobiliser toutes les connaissances nécessaires à la compréhension de la situation à une échelle tant locale que globale ;
- de comprendre et faire comprendre la situation étudiée.
Pour ce faire, l'étudiant devra faire preuve :
- d'un esprit d'analyse et de synthèse et un sens critique aiguisé ;
- d'une posture réflexive par rapport à toutes les étapes de la recherche ;
- d'une maîtrise des outils théoriques et méthodologiques ;
- d'une capacité de communication orale et écrite conforme aux canons scientifiques ;
- d'une capacité de lecture de textes scientifiques en français et en anglais;
- d'une aisance à travailler en équipe ;
- de qualités humaines : empathie, écoute, patience, humilité, inventivité, audace et adaptation.
Valeurs et attitudes
- engagement,
- autonomie, sens des responsabilités,
- intuition,
- respect, éthique,
- curiosité intellectuelle.