cookieImage
2026-2027 / SOCI0111-1

Sociologie critique

Durée

45h Th

Nombre de crédits

 Master en sociologie, à finalité approfondie6 crédits 
 Master en sociologie, à finalité didactique (Réinscription uniquement, pas de nouvelle inscription)6 crédits 
 Master en enseignement section 4 : sciences sociales5 crédits 
 Cours supplémentaires destinés aux étudiants d'échange - Erasmus (Faculté des Sciences sociales)6 crédits 

Enseignant

Bruno Frère

Langue(s) de l'unité d'enseignement

Langue française

Organisation et évaluation

Enseignement au premier quadrimestre, examen en janvier

Horaire

Horaire en ligne

Unités d'enseignement prérequises et corequises

Les unités prérequises ou corequises sont présentées au sein de chaque programme

Contenus de l'unité d'enseignement

 

Note : ce cours repose sur l'ouvrage La fabrique de l'émancipation. Repenser la critique du capitalisme à partir des expériences démocratiques, écologiques et solidaires (B. Frère & J.L. Laville, Paris, Seuil, 2022)

En sociologie, et durant presque tout le 20[SUP]e[/SUP] siècle, la théorie critique au sens large a servi de source d'inspiration première. Cependant quelques courants, plus marginaux, ont en Europe esquissé une autre démarche. Le pragmatisme américain, la phénoménologie, l'interactionnisme symbolique, l'anthropologie sociale  ou encore l'ethnométhodologie ont ainsi nourrit l'inspiration d'un vaste courant constructiviste contemporain qui, dans le monde francophone aujourd'hui, a pris pour parti de compléter (ou pour certains de supplanter) la tradition critique. On qualifie également ce courant de pragmatisme. Le cours que nous suggérons de donner cette année voudrait répondre à la question suivante : est-il possible de nouer ensemble critique et pragmatisme, soit les deux grands courants qui ont caractérisé les sciences sociales depuis Karl Marx ?

Nous commencerons par envisager les traditions critiques. Inspirée par Marx, donc, la première école de Francfort (Marcuse, Adorno, Horkheimer), combine à la classique critique de l'économie capitaliste une critique de l'industrie culturelle. Bourdieu, en France, trouvera là d'ailleurs matière à inspiration pour théoriser la domination culturelle qui structure, à l'insu des acteurs sociaux, les rapports de classes analyse-t-il. Habermas, puis Honneth, tout en reconnaissant tant la domination culturelle qu'économique, restituent aux acteurs la capacité à prendre conscience de celles-ci pour s'en émanciper contrairement à leurs prédécesseurs. Mais dans l'ensemble de ces perspectives critiques, le monde social et les personnes qui le peuplent sont systématiquement dépeints comme violentés, pollués et privés de quelque chose (leur réflexivité, leur conscience, leur liberté, ...). Comme si une nature humaine s'était perdue sous les assauts des diverses formes de réifications modernes.

La tradition pragmatique abordée dans un second temps permet, elle, de présenter l''acteur social comme étant autre chose que le pur réceptacle de déterminations, sujet violenté et aliéné par les structures sociales du capitalisme ou de l'État. Il n'envisage pas le monde social comme déjà « fait » et influençant les acteurs sociaux mais comme « en train de se faire ». La tâche de la sociologie, envisage d'ailleurs Latour, est de décrire la façon dont s'agrègent les humains et les non humains dans des assemblages souvent sophistiqués. Le problème, d'un point de vue politique , est que ce pragmatisme descriptif évacue totalement l'étude de la domination sociale. Or il existe bien des acteurs plus puissant que d'autres. La théorie des institutions que Boltanski suggère pour sa part permet de réintroduire la question de la domination dans une perspective qui reste par ailleurs pragmatique. Mais cette fois c'est la réintroduction d'un point de vue métapragmatique (susceptible de dresser une critique du capitalisme et de l'État plus percutante que celle des acteurs) qui pose problème.

Est-il possible de camper une posture pragmatique qui soit également critique sans pour autant reconduire la traditionnelle conception de l'acteur aliéné, inconscient d'être dominé et de reproduire les conditions de sa propre domination (notamment en désirant s'adonner à une consommation effrénée) ? Pour maintenir le cap de la conception d'un acteur lui-même compétent et critique en pragmatisme nous mobiliserons, avec Sam Ducourant (post-doc Hacab), et les épistémologies situées (Stengers, Harraway, Harding). Nous interrogerons notamment leurs applications contemporaines (Morizot, Porcher, Despret), pour en critiquer le caractère dépolitisé ou dépolitisant. Enfin, toujours à partir des épistémologies situées, nous tenterons qu'il est tout de même possible de tenir ensemble les acquis de la sociologie pragmatique et une posture résolument critique. L'exemple des études animales critiques permettra de mobiliser des applications concrètes de cette sociologie pragmatique ET critique.

Nous tâcherons ainsi  de construire un pragmatisme associationiste critique et tendanciellement libertaire susceptible à la fois de galvaniser les capacités critiques des acteurs tout à repérant pratiquement et empiriquement quels sont les adversaires  auxquels ils doivent faire face et qui sont bien souvent des institutions dominantes. De la sorte, pour répondre à la questioninitiale, nous tâcherons de penser une posture sociologique qui tienne à la fois de la puissance de la critique et de la force descriptive du pragmatisme.



 






 

Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) de l'unité d'enseignement

Le cours vise à développer les compétences suivantes :




  • Les étudiants doivent être capables de développer une analyse sociologique critique des questions liées à la thématique du cours.
  • Ils doivent être capables de cultiver un esprit de synthèse permettant de comprendre les ressorts de la critique et la nécessité de l'enquête sociologique pragmatique ainsi que sa transversalité.
  • Ils doivent être capables d'interroger les faits empiriques et les pratiques associés à la critique et à l'enquête en mobilisant les outils théoriques abordés durant les séances du cours.

Savoirs et compétences prérequis

Une bonne maîtrise des grands courants des sciences sociales et des théories sociologiques est nécessaire.

Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement

Les activités d'apprentissage du cours visent d'une part à présenter la problématique générale et les ressorts de la critique et, d'autre part, à aide les étudiants à s'approprier son pendant pragmatique dans l'histoire de la pensée sociologique jusque dans ses déclinaisons les plus récente (associationnisme critique, perspectivisme, post ou décolonialisme, épistémologies situes, etc). 
Par conséquent, les activités d'apprentissage se déploient en deux temps :





  • Présentation par l'enseignant, lors des premières séances de la problématique et des ressorts de la critique pour les grands auteurices qui se sont inscrits dans ce courant. Sont prévus aussi des échanges en classe sur base de textes que les étudiantes sont ivitée.s à avoir lu en amont (en procédant chapitre par chapitre pour l'ouvrage).
  • Le cours, prévu sur trois heures, contient une partie ex-caetedra et une seconde partie d'échange et discussions.
  • Les séances d'apprentissages assurées par les deux (ou trois) professeures invitées reposent chacune sur la lecture préalable d'un article.  

Mode d'enseignement (présentiel, à distance, hybride)

Cours donné exclusivement en présentiel


Informations complémentaires:

Cours donné exclusivement en présentiel


Informations complémentaires:

Le cours est organisé en présentiel.

Se présentant sous la forme de séminaire, les séances d'apprentissage vise à aider les étudiants à développer leur esprit d'analyse sociologique, comprendre les ressorts de la critique, les théories et les expériences pragmatiques qui cherchent à s'affranchir des formes de dominations et d'exploitations que subissent diverses catégories d'êtres (humains et non humains)

Il s'agit donc d'un enseignement qui, d'ex-caetedra, a pour vocation de devenir interactif lors des trois derniers quart-d'heure

Supports de cours, lectures obligatoires ou recommandées

Plate-forme(s) utilisée(s) pour les supports de cours :
- MyULiège


Informations complémentaires:

 

Le cours s'articule autour de quatre textes : un ouvrage co-écrit par  Bruno Frère et Jean-Louis Laville et ensuite un texte par séance assurée par une professeure invitée :

Frère et J-L. Laville, La fabrique de l'émancipation, Paris, Seuil, 2022

Les textes qui devront être lus en amont des séances assurées par les enseignants invités seront annoncés au moins une semaine à l'avance 

 

 

 

 

 

 

Modalités d'évaluation et critères

Examen(s) en session

Toutes sessions confondues

- En présentiel

évaluation orale


Informations complémentaires:

L'examen est un examen oral. Deux questions sont posés sur le cours et ses supports bibliographiques. 

Des lectures supplémentaires et des analyses de l'actualité par la mobilisation des concepts vus au cours seront particulirement appréciées, au-delà d'une simple restitution

Stage(s)

Remarques organisationnelles et modifications principales apportées au cours

Contacts

Enseignant : Bruno Frère

Bureau R 48 (niveau 0)

Tel : 04/366.48.89
Courriel : bfrere@uliege.be

Secrétariat :

secretariat.fass@uliege.be

Secrétariat : Mme Valérie Pitrebois

Tél: 04 366 31 61

Courriel : Valerie.Pitrebois@uliege.be

 


 

Association d'un ou plusieurs MOOCs