cookieImage
2026-2027 / PHIL0023-1

Philosophie du langage

Durée

30h Th

Nombre de crédits

 Master en linguistique, à finalité approfondie5 crédits 
 Master en philosophie, à finalité approfondie5 crédits 
 Master en philosophie, à finalité didactique (Réinscription uniquement, pas de nouvelle inscription)5 crédits 
 Master en linguistique, à finalité spécialisée en analyse des données textuelles (Réinscription uniquement, pas de nouvelle inscription)5 crédits 
 Master en philosophie, à finalité spécialisée en analyse et création de savoirs critiques5 crédits 
 Master en linguistique, à finalité spécialisée en traitement informatique du texte et analyse des données textuelles (Double diplomation,Réinscription uniquement, pas de nouvelle inscription)5 crédits 
 Master en philosophie5 crédits 
 Master en enseignement section 4 : philosophie et citoyenneté5 crédits 

Enseignant

Samuel Descarreaux, Bruno Leclercq

Langue(s) de l'unité d'enseignement

Langue française

Organisation et évaluation

Enseignement au deuxième quadrimestre

Horaire

Horaire en ligne

Unités d'enseignement prérequises et corequises

Les unités prérequises ou corequises sont présentées au sein de chaque programme

Contenus de l'unité d'enseignement

Les étudiant.e.s extérieur.e.s à l'Université de Liège qui souhaiteraient suivre ce cours-séminaire sont invité.e.s à se signaler dès septembre auprès des titulaires (adresse ci-dessous).

Le cours portera sur des contributions originales de Charles Sanders Peirce à la philosophie du langage et sur leurs héritages contemporains :

1) Introduction : index, icônes, symboles

2) Triangle sémiotique : symbole, sens et référence

3) Figuration et iconicité : la picture theory et son destin

4) L'indexicalité

5) La maxime pragmatique et son détournement vérificationniste

La philosophie analytique du langage fait normalement de Gottlob Frege sa figure séminale. Sans rejeter ce récit, ce cours en propose une généalogie complémentaire, attentive à la place de Charles Sanders Peirce. Loin de voir en lui un précurseur oublié qui aurait résolu d'avance nos problèmes, il s'agit de montrer qu'il a posé plusieurs questions devenues canoniques, et que sa manière de les traiter éclaire les difficultés de leurs reformulations ultérieures. Après une introduction consacrée à la classification peircienne des signes (icône, indice, symbole), le cours suit quatre axes.
 
Le premier axe part d'une question fondatrice de la philosophie du langage sur le sens et la référence: qu'est-ce qui fait qu'un signe, et en particulier un symbole, désigne un objet déterminé ? Frege fait dépendre la référence du sens, Russell de la connaissance directe de l'objet. Peirce soutient que le signe présente son objet sans pouvoir, à lui seul, y donner accès : la référence suppose une expérience collatérale de l'objet, extérieure au signe; le sens est quant à lui fonction d'un ou plusieurs "interprétant(s)".
 
Le deuxième axe, consacré à l'icônicité, demande comment une représentation peut valoir pour son objet sans convention, par simple "ressemblance". Le Tractatus et Peirce répondent par le partage de structure. Mais l'image wittgensteinienne montre sa structure, alors que l'icône peircienne ne la révèle qu'à l'usage. On verra pourquoi cette différence met Peirce à l'abri de l'objection des Recherches et de la critique de Goodman.
 
Le troisième axe demande ce qui permet aux indices, et en particulier aux indexicaux et démonstratifs (« je », « ici », « ceci »), de désigner un objet singulier. Pour Peirce, la référence indexicale dépend d'une connexion réelle (notamment causale) entre le signe et ce qu'il représente, connexion qui dépend éventuellement de l'usage du signe dans un certain contexte. Reichenbach insiste sur ce renvoi sémantique au contexte d'usage. Et Perry montre qu'une telle référence indexicale ne peut se réduire à aucune description. En distinguant caractère et contenu des indexicaux, Kaplan distingue ce qui est général et ce qui est singulier dans leur contenu sémantique.
 
Le quatrième axe suit le destin de la maxime pragmatique comme outil de clarification des significations. Chez Peirce, elle clarifie des concepts par l'étude de leurs conséquences pratiques. James l'élargit en méthode, rapportée à l'expérience particulière, pour trancher les disputes, notamment philosophiques. Ayer et Carnap en font un critère qui exclut comme insensés les énoncés invérifiables. 
 
Au terme du parcours, un fil commun se dégage : là où la tradition analytique a cherché dans la forme ou la signification des expressions ce qui les rattache au monde, Peirce le situait dans l'usage des signes et dans l'expérience de leurs interprètes. Relire Peirce permet donc de mesurer ce que ce déplacement a rendu difficile à penser.
 
 

Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) de l'unité d'enseignement

Au terme du cours, l'étudiant sera capable de :
- distinguer et mobiliser les catégories sémiotiques peirciennes (icône, indice, symbole) dans l'analyse d'énoncés ;
- reconstruire les principales positions en philosophie du langage sur le sens, la référence, l'iconicité et l'indexicalité, et en situer les enjeux ;
- comparer des traitements concurrents d'un même problème et en évaluer les difficultés ;
- lire et commenter un texte philosophique argumentatif de manière autonome.

 

Savoirs et compétences prérequis

De préférence introduction à la philosophie analytique ou introduction à la philosophie du langage
 

Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement

Mode d'enseignement (présentiel, à distance, hybride)

Cours donné exclusivement en présentiel


Informations complémentaires:

Le cours se tiendra au second quadrimestre (février-mai) à la salle Commu II (A1/2/24b), les vendredis de 11h à 13h, à partir du 5 février 2027.

Le cours prendra la forme d'un séminaire avec participation active des étudiant.e.s. Leur présence aux différentes séances du cours est donc requise.
 

 

 

 

 

Supports de cours, lectures obligatoires ou recommandées

Plate-forme(s) utilisée(s) pour les supports de cours :
- eCampus
- MyULiège


Informations complémentaires:

Les textes originaux des auteurs étudiés seront mis à disposition.

Repères bibliographiques provisoires:

1) Introduction : index, icônes, symboles
- Peirce, (1895/1998) « Of Reasoning in General » dans The Essential Peirce: Selected Philosophical Writings (1893-1913). Indiana University Press, pp. 11-26.
- Burks, (1949). « I. Peirce's Classification of Signs into Icon, Index, and Symbol », dans « Icon, Index, and Symbol », Philosophy and Phenomenological Research, 9(4), 673-680.

2) Triangle sémiotique : symbole, sens et référence
- Frege, « Sens et référence » (1892).
- Russell, « De la dénotation » (1905).
- Peirce, (1907/1998). « Pragmatism » dans The Essential Peirce: Selected Philosophical Writings (1893-1913). Indiana University Press, pp. 398-433; Extraits Peirce, « Lettres à Lady Welby » 

3) Figuration et iconicité : la picture theory et son destin
- Extraits de Wittgenstein (1889/1992). Tractatus logico-philosophicus. Gallimard.
- Extraits de Peirce (1906). « Prolegomena to an Apology for Pragmaticism » The Monist 16, 4, 492-546; Peirce (1868). « Some Consequences of Four Incapacities » The Journal of Speculative Philosophy, 1868, Vol. 2, No. 3 (1868), pp. 140-157.
- Extraits de Goodman, (1968). Languages of art : an approach to a theory of symbols. Bobbs Merrill.

4) L'indexicalité
- Reichenbach, Elements of Symbolic Logic, § 50-51 (1947).
- Perry, « The Problem of the Essential Indexical » (1979).
- Kaplan, « Demonstratives » (1977/1989).

5) La maxime pragmatique et son détournement vérificationniste
- Peirce, « How to Make Our Ideas Clear » (1878), EP1 ; « What Pragmatism Is » (1905), EP2.
- James, Pragmatism, chap. II & III (1907).
- Ayer, Language, Truth and Logic, chap. I (1936).

 

Modalités d'évaluation et critères

Examen(s) en session

Toutes sessions confondues

- En présentiel

évaluation écrite ( questions ouvertes )

Evaluation continue


Informations complémentaires:

L'évaluation comportera deux volets :
 
A. la participation au séminaire (présentation d'un texte, interventions suite à la présentation des autres textes, participations aux échanges) interviendra pour la moitié de la note finale.
 
Chaque séance supposera d'être préparée par la lecture de textes. En début de chaque séance, une étudiante (à tour de rôle et selon un ordre préalablement convenu) devra présenter brièvement (15 minutes) le texte qui sera collectivement discuté en veillant à mettre en évidence les thèses principales, ainsi que les arguments en leur faveur ou en leur défaveur; ces thèses devront être illustrées d'exemples linguistiques trouvés dans le texte ou construits par l'étudiante. L'étudiante en charge devra aussi se tenir prête à analyser, avec les outils théoriques du texte, des exemples linguistiques soumis par les enseignants. Les autres étudiantes seront ensuite invitées à signaler d'éventuelles thèses ou d'éventuels arguments supplémentaires, et à formuler d'éventuelles objections. Tout ce matériau servira à la poursuite de la séance par les enseignants.
 
B. En cours de session sera organisé un "examen écrit", valant pour l'autre moitié de la note, et qui proposera de répondre (au choix) à une question d'analyse sur un des thèmes abordés au séminaire.

 
Usage de l'IA* :

Les étudiants sont tenues de prendre connaissance de la Charte ULiège d'utilisation des intelligence génératives dans les travaux universitaires afin d'en faire un usage réfléchi, responsable, critique et transparent : https://www.student.uliege.be/cms/c_19230399/fr/faq-student-charte-uliege-d-utilisation-des-intelligences-artificielles-generatives-dans-les-travaux-universitaires.

L'IA ne doit pas remplacer l'intelligence humaine, seulement la soutenir. Celles et ceux qui voudront faire un usage intelligent de l'IA dans leur vie citoyenne et professionnelle doivent d'abord acquérir eux/elles-mêmes un certain nombre de compétences cognitives qui leur permettront de solliciter intelligemment l'IA, d'en vérifier les réponses et identifier les limites. Par ailleurs, acquérir personnellement ces compétences réduit utilement la dépendance à l'égard de ces technologies.

C'est pourquoi, dans le cadre du présent cours, l'acquisition des compétences cognitives de lecture, compréhension, interprétation, analyse, synthèse et expression sera évaluée sans recours à l'IA. Tout usage de l'IA pendant l'évaluation est interdit et sera considéré comme une fraude.

*Par « IA », nous entendons les agents conversationnels de type ChatGPT ainsi que tout autre outil d'IA permettant d'analyser des informations, de les synthétiser, de rédiger, etc.

Stage(s)

Remarques organisationnelles et modifications principales apportées au cours

Contacts

S. DESCARREAUX & B. LECLERCQ

Département de Philosophie
7, place du 20 août - 4000 Liège

sdescarreaux@uliege.be - B.Leclercq@uliege.be

 

 

 

Association d'un ou plusieurs MOOCs