Description complète
Les cours couvrent 40 crédits en tronc commun et 20 crédits dans la deuxième partie (mémoire et terrain) organisée au sein d'une équipe de recherche spécifique. Les huit enseignements octroyés lors du premier quadrimestre et en février du second quadrimestre visent chacun des objectifs spécifiques :
- trois cours portent sur des approches pluridisciplinaires du développement (Analyse du développement, Développement territorial et régional, Théorie et gestion de la transition) ;
- trois cours portent sur des enjeux liés aux acteurs (Régulations et résistances : stratégies d'acteurs ; Gestion des conflits : problématisation foncière et environnementale, Identités locales et globalisation) ;
- deux cours portent sur la formation à la recherche stricto sensu (Méthodes et approches interdisciplinaires et Approche intégrée d'une question d'environnement).
Les cours sont organisés sur le campus de Louvain-la-Neuve (Belgique). Deux cours se déroulent sur le campus de l'ULiège-Arlon (Belgique) en trois semaines résidentielles.
Après les cours, la période de mars à août est consacrée à l'élaboration du mémoire et, en lien direct avec ce mémoire, à une recherche de terrain destinée à récolter les données utiles pour la partie empirique du mémoire. Le terrain peut se dérouler dans un pays du Sud ou en Belgique (ou dans un pays limitrophe de la Belgique) en fonction des intérêts de l'étudiant mais également en fonction des possibilités d'encadrement et de financement.
Ce terrain, constituant la base du mémoire, est encadré par un promoteur issu d'une des équipes partenaires. Les thématiques des mémoires sont liées aux expertises de ces équipes, à savoir :
L'équipe UCL Louvain-la-Neuve et Mons :
Régulations et résistances face à la ruée sur les ressources naturelles
Des moteurs de changements globaux, régionaux et locaux ont fait évoluer les enjeux en termes d'accès et gestion des ressources naturelles. La compétition intensifiée pour ces ressources mène à une ruée sur la terre, le sous-sol, l'eau, les forêts. La volatilité des prix alimentaires et des ressources primaires, le changement climatique, et la dégradation environnementale s'ajoutent à cette image complexe. Ceux-ci posent de sérieux défis aux dynamiques rurales. Nous nous focalisons spécifiquement sur l'impact de ces changements sur les rapports de force entre différents acteurs et actrices du monde rural au Sud et au Nord. Nous visons à questionner d'une part les politiques locales et (inter)nationales de développement (régulations) et, d'autre part, les stratégies des acteurs locaux (y inclus leurs résistances).
Économie populaire et économie solidaire
Nous étudions la manière dont des initiatives d'économie populaire et solidaire, qui tendent à être passées sous silence par les théories traditionnelles du développement, construisent le territoire de vie à travers des dimensions économiques, sociales et politiques. Nous tenons compte de la manière dont ces projets s'insèrent dans le(s) marché(s), mais peuvent également mobiliser la redistribution, la réciprocité et l'administration domestique. C'est ainsi que nous étudions comment, à travers des pratiques d'économie solidaire, de commerce équitable, des femmes et des hommes revoient le paradigme de l'économie de marché en y ajoutant des dimensions sociales, culturelles, environnementales et politiques. Nous examinons les processus d'institutionnalisation de ces initiatives, entendus comme l'influence réciproque entre les organisations, l'espace public et les politiques publiques.
Développement et gouvernance territoriale
L'Ecole des territoires, représentée par le Groupe de Recherche en Action publique et Développement territorial (GRApDt), propose une vision du développement local et régional basée sur des ressources endogènes, l'activation des capacités communautaires et l'élaboration de processus originaux de régulation, de décision et d'innovation. Cette dynamique s'appuie sur l'émergence de systèmes productifs locaux, de processus de patrimonialisation - culturelle, historique, naturelle - ou encore sur des avoirs culturels ou cognitifs spécifiques. Cette dynamique socio-économique particulière peut s'inscrire dans des espaces pré-définis (une commune, une région administrative) ou amener l'émergence d'un périmètre original (parc naturel, région transfrontalière, « pays » , ...), ce qui crée des réarrangements, des évolutions, en ce compris sur le plan de la régulation. L'analyse de la gouvernance territoriale porte sur l'étude des processus décisionnels originaux que semblables dynamiques induisent. Au vu des spécificités de l'équipe, l'accent est mis sur le rôle de l'autorité publique locale en relations avec les autres acteurs locaux, nationaux ou internationaux.
L'équipe ULiège Arlon :
L'environnement et sa gestion
La gestion de l'environnement est un enjeu crucial pour le développement durable des sociétés et des milieux naturels et cela tant dans des pays du sud que des pays du nord. Elle a, au travers de son histoire, contribuée à produire des institutions, des politiques publiques, des professionnels et des experts, des savoirs et des connaissances tant scientifiques que non-scientifiques.
Nous désirons favoriser des réflexions critiques pouvant porter sur :
- Les biodiversités & l'agroécologie Le vivant sous ses différentes formes et à différentes échelles - de l'organisme à l'écosystème et aux populations - est devenu problématique. Entre réduction à l'instrument et idéalisation de la nature, l'idée d'une coévolution des espèces et de l'homme pose des questions nouvelles, que ce soit dans la conservation de la nature, la biodiversité agricole, la transition agroécologique la gestion des espaces protégés ou celle des zoonoses, entre autres. L'intérêt de recherche privilégie les complémentarités entre compétences, les formes de collaboration entre acteurs dans une perspective de connaissance et de gestion du vivant. Ainsi, les démarches de transition agroécologiques (pour la dimension agronomique - écologique et sociale) ou de gestion participative de la biodiversité (par exemple, pour celle de la conservation biologique des espèces et des variétés) sont autant de thématiques qui pourraient faire l'objet de recherches par les étudiant(e)s.
- La participation et l'expertise des praticiens en matière environnementale Dans la gestion des problèmes environnementaux liés aux projets de développement, tant les chercheurs que les experts sont amenés à entrer en contact avec des publics (usagers, patients, amateurs, riverains, membres d'une communauté...) pris soit comme « destinataires », soit comme « bénéficiaires », mais aussi comme des acteurs plus ou moins organisés qui expriment leurs préoccupations, qui collaborent à la définition des questions de gestion, voire à la collecte de données ou encore qui participent aux controverses : sur l'aménagement du territoire, sur la préservation d'une ressource naturelle, sur la conservation d'une espèce, sur le développement des énergies renouvelables, sur la gestion des déchets, etc. Il s'agit alors d'explorer comment ces interactions affectent autant la recherche ou les projets de développement que leurs protagonistes. La focale est ici portée sur les enjeux de participation (recherche participative, gestion participative, sciences citoyennes, mouvement social) et l'exercice de l'expertise (scientifique et technique) lorsqu'elle est mise à l'épreuve de sa dimension nécessairement publique.
L'équipe ULiège Gembloux :
Politiques agricoles, développement rural et étude des chaînes de valeur
L'Unité d'économie et développement rural (UEDR), partenaire du master, a pour vocation d'intervenir dans l'évaluation des actions de coopération, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud-Est dans les domaines de l'agriculture, des politiques agricoles et du développement rural. Elle s'est également spécialisée dans l'étude des chaînes de valeur (riz, café, cacao, coton, noix de cajou, palmier à huile, maïs, sucre, viande bovine, volailles, aquaculture, ....) et dans la mesure de leur compétitivité.
L'expertise de l'UEDR est actualisée en permanence au travers de sa participation à différentes recherches-action notamment au Vietnam et en Afrique centrale. Elle accueille également des chercheurs qui effectuent le plus souvent des doctorats alternés réalisés en Afrique et en Asie dans le domaine du développement rural (information détaillée sur le site WEB : http://www.fsagx.ac.be/eg) et du financement en milieu rural (Bénin, Burkina Faso, Togo, Cameroun, RDC, Burundi, Laos et Vietnam).
Les étudiants pourront donc s'intégrer dans les travaux réalisés et, le cas échéant, réaliser un travail de terrain en appui aux recherches conduites par l'UEDR.
Acquis d'apprentissage
Profil
Le Master complémentaire en Développement, Environnement et Sociétés vise à former des étudiants qui disposeront d'une qualification professionnelle dans le domaine du développement et de l'environnement à partir d'une approche multi et interdisciplinaire.
Acquis d'apprentissage
A l'issue de cette formation, l'étudiant doit être capable :
- de mobiliser des savoirs concernant les enjeux actuels du développement, leur contexte et leur impact sur les réalités locales (y compris environnementales) et d'appréhender les acteurs du développement et leurs stratégies, à diverses échelles (de l'international au local)
- de développer une capacité d'analyse critique, notamment des discours et de la littérature du développement
- de maîtriser des compétences méthodologiques diverses amenant l'étudiant à comprendre des réalités inconnues à travers des grilles de lecture interdisciplinaires
- de poser des diagnostics pertinents et de définir des propositions concrètes en matière de pratiques du développement
- de développer une démarche d'analyse et de jugement critique envers les réalités "micro" (c'est-à-dire au niveau des acteurs individuels et collectifs locaux) ainsi qu'envers des diagnostics ou scénarios de processus "macro" (c'est-à-dire au niveau d'une région, d'un pays ou d'un ensemble régional)
- de formuler une analyse critique des interactions entre les dimensions globales des grandes tendances de l'évolution mondiale et les réalités locales qui concernent directement les conditions de vie des populations
- de mobiliser des méthodes et des outils directement pertinents pour la gestion de projets de développement et d'équipes liées à ces enjeux
Pour ce faire, l'étudiant devra faire preuve :
- d'un sens critique et d'une capacité d'analyse
- d'une capacité d'adaptation à des milieux sociaux, culturels ou professionnels variés
- d'une maîtrise des outils méthodologiques et des techniques de recherche issues de différentes disciplines enseignées (sciences sociales, agronomie, sciences de l'environnement...)
- d'une connaissance avérée des acteurs, politiques, cadres légaux et enjeux historiques et contemporains de la coopération au développement et des outils de gestion de l'aide internationale
- d'une connaissance des différentes approches, des différents courants théoriques et concepts dans les différentes disciplines enseignées (sociologie, anthropologie, économie, sciences juridiques, politiques, agronomie, sciences de l'environnement...)
- d'une capacité de communication (écrite et orale) et de vulgarisation
Valeurs
- Curiosité et ouverture d'esprit
- Respect des différences
- Vulgarisation et empathie
- Sens critique.