Durée
45h SEM
Nombre de crédits
| Master de spécialisation en philosophie et théorie politiques | 5 crédits |
Enseignant
Langue(s) de l'unité d'enseignement
Langue française
Organisation et évaluation
Enseignement au premier quadrimestre, examen en janvier
Horaire
Unités d'enseignement prérequises et corequises
Les unités prérequises ou corequises sont présentées au sein de chaque programme
Contenus de l'unité d'enseignement
Révolutions
Organisation : Edouard Delruelle, Chiara Collamati
Après une longue éclipse amorcée dans les années 1980 avec les thèmes de la « fin des idéologies » et de la « fin de l'histoire », l'idée de révolution semble retrouver une certaine vigueur, au premier chef dans l'historiographie marxiste et décoloniale. Si, dans la partie occidentale et atlantique du monde, les modèles politiques véhiculés par les démocraties parlementaires et représentatives continuent de discréditer tout désir de révolution, il semble qu'il soit à nouveau possible d'entamer une réflexion sur la possibilité et les conditions mêmes de pensabilité d'un processus révolutionnaire.
Le séminaire propose d'analyser la détermination historique et le caractère stratifié du concept de révolution et, tout à la fois, ses ancrages matériels, qui sont indissociables du mode de production capitaliste et de ses différentes configurations à l'échelle globale. Au croisement entre la philosophie, l'histoire des concepts, la critique de l'économie politique et la sociologie, notre réflexion voudrait toucher différents axes :
- Un premier axe concerne les changements sémantiques que le concept de révolution a connus au cours de l'histoire. Comme on le sait, l'ancien sens du terme impliquait un retour circulaire des événements et des formes de gouvernement, en valorisant un rapport de continuité ou de proximité avec le passé, selon le paradigme de l'historia magistra vitae. Le concept proprement moderne de révolution se construit, en revanche, à partir d'une coupure qui rend incommensurables la dimension du passé et celle du futur, et qui trouve son assise dans une philosophie de l'histoire orientée par l'idée vectorielle du progrès. Il s'agira d'interroger (et de redécouvrir) la pluralité des paradigmes temporels propres à différentes conceptions et à différentes expériences historiques de la révolution, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'espace européen.
- Un deuxième axe assume comme angle d'analyse la critique marxienne de l'économie politique. Si les limites (à la fois philosophiques et politiques) du déterminisme historique et de l'idée d'une supposée « nécessité dialectique » de la révolution sont désormais reconnues et acquises, on voudrait plutôt creuser la manière dont les différents « marxismes » ont posé le problème d'une transformation radicale des conditions matérielles de production et reproduction de la vie des hommes et des femmes.
- Un troisième axe s'intéresse au rapport entre la révolution et l'ordre juridico-institutionnel qui est appelé à en garantir les acquis, en particulier la constitution. En effet, toute révolution est par essence anticonstitutionnelle, et se présente en même temps toujours comme la fondation d'une nouvelle constitution. Comment comprendre ce paradoxe ? Est-il possible de penser la révolution sans mobiliser, ne serait-ce qu'implicitement, les idées de « souveraineté » et de « pouvoir constituant »
Programme
06/10 : Révolutions, constitution, démocratie. Éléments introductifs Édouard Delruelle, MAP/ULiège
13/10 : Révolution, institution. De Marx à Sartre, et retour. Chiara Collamati, MSCA/ULiège
20/10: Anachrony as Revolution Massimiliano Tomba, University of California, Santa Cruz, Department of History of Consciousness
27/10 : La révolution éclatée. Réflexions à partir de Michel Foucault . Hervé Oulc'hen, ULiège
3/ 11 : La révolution passive chez Antonio Gramsci : histoire et actualité. Yohann Douet, Univ. Lille
10/11 : La révolution comme mouvement du capital. Alexandre Feron, Univ. Paris I, Panthéon-Sorbonne
17/11 : Les révolutions de Kant. Olivier Dubouclez, ULiège
24/11 : Révolution et conscience de classe : à partir de Georg Lukács. Alix Bouffard, Univ. Strasbourg
1/12 : L'investissement du concept de « révolution » par la nouvelle vague féministe. Aurore Koechlin, Univ. Paris-I Panthéon-Sorbonne, Collectif Féministe Révolutionnaire
5/12 : La révolution manquée dans l'historiographie marxiste britannique
(Christopher Hill & E. P. Thompson). Marion Leclair, Univ. Arras (NB : exceptionnellement séance de lundi)
8/12 : Révolution. Pour une histoire culturelle. Enzo Traverso, Cornell University, Ithaca (sous réserve)
15/12 : Présentations des étudiants et discussion générale.
Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) de l'unité d'enseignement
Acquisitions de contenus approfondis, conceptualisation et problématisation sur une question centrale de la philosophie théorique et pratique contemporaine.
Savoirs et compétences prérequis
Formation de premier cycle en philosophie et/ou en sciences humaines, sociales et juridiques.
Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement
Participation active aux séances du séminaire.
Mode d'enseignement (présentiel, à distance, hybride)
Cours donné exclusivement en présentiel
Explications complémentaires:
Le séminaire se tiendra tous les jeudis du premier quadrimestre (du 6 octobre au 15 décembre), de 16h à 19h dans l'Espace de réunion au 3ème étage du Département de philosophie de l'Université de Liège, place du 20 Août, 7 (Bâtiment A1), 4000 Liège (centre-ville). NB : La séance du 5 décembre aura lieu exceptionnellement un lundi.
Lectures recommandées ou obligatoires et notes de cours
Lectures obligatoires éventuelles : une bibliographie sera communiquée aux étudiants en cours de route
Modalités d'évaluation et critères
Examen(s) en session
Toutes sessions confondues
- En présentiel
évaluation écrite ET évaluation orale
Travail à rendre - rapport
Explications complémentaires:
Exercice 1 : Synthèse et élaboration autonome d'un contenu circonscrit
Lors de chaque séance, on désignera un(e) « étudiant(e)-rapporteur » qui aura pour tâche de présenter, au début de la séance suivante, un bref aperçu de la séance précédente, ainsi que d'élaborer une question articulée à laquelle les professeurs titulaires répondent. Les autres étudiant(e)s sont invité(e)s à participer à la discussion. Le rapport et la question devront être exposés en un temps maximal de 5 minutes et une version écrite (entre 5.000 et 6.000 caractères) devra être fournie aux titulaires. La qualité formelle (orthographe, style) sera prise en compte. Les étudiants qui, faute de place, ne pourront pas faire l'exercice oral, devront également rendre un court résumé et une question écrite à propos d'une séance de leur choix.
Exercice 2 : Esprit critique, problématisation d'une thématique plus générale et capacité à susciter le débat
Lors de la séance conclusive (15 décembre), chaque étudiant(e) fera une intervention orale de 10 minutes. L'intervention consistera dans la formulation d'une question philosophique élaborée, laquelle peut porter soit sur l'ensemble du séminaire (question transversale), soit sur l'un des exposés (avec l'attention de ne pas choisir la même séance prise en charge en tant que rapporteur). La version écrite de l'intervention (entre 5.000 et 6.000 caractères espaces compris) devra tenir compte et intégrer les éventuelles remarques faites lors de la séance conclusive et être soignée au niveau formel (orthographe, style).
Exercice 3 : Apprendre le format « communication scientifique », requis pour participer à un Colloque ou à une Journée d'études
Cet exercice se fera lors de la séance d'examen (en Janvier) et consiste en un exposé oral de 20 minutes maximum sur un sujet en lien avec le thème du séminaire. L'exposé doit être structuré de manière claire et rigoureuse et présenter une argumentation originale ; il peut porter soit sur un auteur (ou un courant de pensée), soit sur un concept (ex: aliénation), soit sur une problématique ou un cas d'espèce (ex: migrants). Même si la perspective du MAP est résolument transdisciplinaire, l'exposé doit être de nature philosophique Le choix du sujet sera préalablement validé par les enseignants, sur proposition des étudiants. Une semaine avant la discussion orale, les étudiants doivent rendre le texte écrit de leur exposé (max 25.000 signes, espaces inclus).
NB :
- pour les étudiants « Séminaire » : l'évaluation se fera à travers les exercices 1 et 2 ;
- pour les étudiants de la finalité approfondie (rubrique « Travaux de recherche à partir du Séminaire »), l'évaluation se fera à travers l'exercice 3.
Stage(s)
Remarques organisationnelles
Contacts
e.delruelle@uliege.be
f.caeymaex@uliege.be
www.philopol.ulg.ac.be