Durée
128h Pr
Nombre de crédits
| Master en architecture, à finalité | 10 crédits |
Enseignant
Coordinateur(s)
Langue(s) de l'unité d'enseignement
Langue française
Organisation et évaluation
Enseignement au premier quadrimestre, examen en janvier
Horaire
Unités d'enseignement prérequises et corequises
Les unités prérequises ou corequises sont présentées au sein de chaque programme
Contenus de l'unité d'enseignement
« Habitat / Habiter » qui aborde l'habitabilité au sens large et complexe du terme. Le logement comme point d'accroche, mais aussi tous les lieux et itinéraires du quotidien formant le cadre de vie, le milieu dans lequel chaque homme vit. Les espaces dans leur matérialité, mais aussi les rapports complexes et dynamiques que les habitants entretiennent avec ces espaces.
Mêlant ethnographie et projet d'architecture, cet atelier s'intéresse aux interfaces public/privé - privé/public de l'habiter, compris en termes de compositions spatiales et des investissements diversifiés qui en sont faits par les habitants. Considérant le caractère dynamique de ces investissements, les interfaces sont abordées sous la dimension de la séquence spatiale et temporelle (relations entre fenêtres, balcons et extérieur public, circulations et espaces collectifs, cheminements, cohabitations de fonctions... ; variations en fonction des jours, heures, météo...).
L'exercice consiste à révéler des données relatives au vécu de l'espace au moyen d'outils ethnographiques, et à mobiliser et mettre à l'épreuve ces données dans un projet d'architecture. Ainsi, les observations analytiques fines de l'espace constituent une ressource à part entière pour faire projet. Inversement, le projet sert de support, oriente et met à l'épreuve les investigations ethnographiques, les savoirs et réflexions qui en ressortent. Cette approche hybride vise à sensibiliser aux médiations entre les dispositifs spatiaux et sociaux, et à questionner la posture de l'architecte à cet égard.
Selon les terrains d'observation et les projets développés, l'étudiant aura l'occasion d'aborder, sous un mode réflexif et personnel, les axes transversaux du programme de master : la soutenabilité (impact de l'habiter humain sur son (mi)lieu de vie quotidienne, place de la nature en ville...) ; l'art (dimension poétique et sensible de l'occupation de l'espace tant public que collectif et privé, créativité des habitants, interventions spatiales dans l'espace...) ; numérique (usage du numérique pour observer et faire projet) ; société (occupation, privatisation, ségrégation, appropriation... des espaces publics, collectifs et privés).
Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) de l'unité d'enseignement
L'atelier permet à l'étudiant d'entrer dans une dernière phase de sa formation en architecture dans laquelle la complexité et les exigences augmentent, nécessitant une mobilisation de tous les acquis d'apprentissage accumulés dans le cycle de bachelier, mais aussi une capacité progressive d'autonomie, de méthode de travail, d'organisation et de réflexion
Au terme de cet atelier en particulier, l'étudiant sera capable de :
- Tenir un raisonnement sur la complexité et les nuances des interfaces entre espaces publics, collectifs et privés ;
- Les interpréter et les mobiliser dans un projet d'architecture ;
- Comprendre les données relatives à l'espace vécu ;
- Les interpréter et les mobiliser dans un projet d'architecture.
Savoirs et compétences prérequis
Les prérequis sont constitués de toutes les notions théoriques ou pratiques, et des méthodologies appréhendées dans les cours et ateliers précédents, qui sont exploitées et prolongées par la pratique du projet. L'atelier nécessite la démonstration de la potentialité évolutive de l'assimilation et l'utilisation appropriée de l'ensemble des prérequis.
Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement
L'exercice s'établit par le croisement de quatre dispositifs, indissociables et simultanés : enquête ethnographique de terrain, relevé architectural, projet d'architecture et supports théoriques.
L'enquête ethnographique de terrain :
- L'enquête porte sur le site élargi du projet, avec une attention particulière au bâtiment qui sera le support du projet.
- Elle sera menée au moyen du carnet de bord, du relevé habité, de la photographie et de la déambulation, entendus comme outils d'observation et de compréhension des espaces et des dynamiques sociales qui s'y jouent.
- Il s'agira notamment de prêter attention aux traces d'appropriation de l'espace, aux parcours, fréquentations, aux variations en fonction des jours, heures, météo, aux qualités spatiales et matérielles, à leurs manquements, tensions entre intérieur et extérieur, etc.
- Si cela s'avère pertinent, ce travail pourra être précisé suivant une focale de lecture particulière des interfaces (cohabitation, privatisation, exclusion, culture, genre...) alimentée par des apports théoriques spécifiques.
- L'enquête ethnographique est réalisée en groupe de 2 à 3 étudiants. L'objectif de ce travail en groupe n'est pas de tendre à un consensus mais bien d'alimenter les réflexions issues des observations par leur mise en commun. Chaque étudiant s'en appropriera les résultats dans le cadre du développement de son projet d'architecture.
- S'il se fera partiellement pendant les heures d'atelier, le travail d'observation doit également être effectué en dehors des temps d'encadrement.
- Afin d'appréhender avec finesse l'environnement construit, les étudiants réalisent un relevé architectural précis des éléments d'interfaces du bâtiment dont ils ont la charge.
- Cette démarche est autant technique que sensible : elle vise à assurer l'articulation entre l'enquête et le projet.
- Le relevé architectural est réalisé par l'ensemble des étudiants travaillant sur un même site, mais son interprétation et son rendu graphique seront retranscrits individuellement dans le cadre de l'élaboration du projet.
- L'élaboration du projet s'établit sur base des données issues de l'enquête ethnographique. Il devra témoigner d'une mise en questionnement, d'un processus d'exploration et de réinterprétation de l'interface de l'habiter.
- Le programme de base est la transition du bâtiment en du logement familial. Les typologies et le nombre d'unités de logements sont à définir en fonction du travail ethnographique. Des fonctions non résidentielles peuvent également être ajoutées en fonction du travail ethnographique.
- Le projet portera plus spécifiquement sur les interfaces public / collectif / privé du bâtiment, soit essentiellement les façades, parties communes, espaces de transitions et espaces extérieurs éventuels (fenêtres, portes d'entrée, murs, balcons, terrasses, coursives, couloirs, seuils...). Ces espaces doivent être pensés comme des lieux et des moments de transition et d'articulation entre l'espace public, collectif et privé. L'aménagement des interfaces devra considérer simultanément (1) les contraintes de l'extérieur pensées depuis l'intérieur (vues depuis le logement vers l'extérieur, intimité, rapports aux bruits, aux odeurs, sentiment d'entrer - d'être chez soi...) ; (2) les contraintes des intérieurs pensées depuis l'extérieur (façades, vues depuis la rue, les cours intérieures, les immeubles voisins, rapport aux voisins : paliers des voisins, palier du logement dont question...).
- Pour faciliter le travail, tenant compte du temps alloué au cours, seules les structures porteuses, façades et toitures existantes des bâtiments seront considérées (étages vides de toute occupation, cloison, technique, etc.)
- Le niveau d'aboutissement du ou des logements sera fonction des états d'avancements. A minima, il est attendu que chacun esquisse l'organisation générale du ou des logements, et en détaille les rapports avec les espaces collectifs et public.
- L'élaboration du projet architectural est individuelle.
- S'il se fera partiellement pendant les heures d'atelier, l'élaboration du projet doit également être effectué en dehors des temps d'encadrement.
- Des interventions de conférenciers, la présentation d'exposés internes, la participation à des évènements extérieurs (p.e. conférences, expositions, visites...) et des lectures d'articles scientifiques permettront de nourrir la démarche ethnographique et l'élaboration du projet, dans une posture réflexive et informée.
Mode d'enseignement (présentiel, à distance, hybride)
L'enseignement se dispense essentiellement en présentiel à l'atelier et sur le terrain du projet.
Lectures recommandées ou obligatoires et notes de cours
Des textes de référence commun sont mis à disposition des étudiants via la plateforme eCampus. Certaines de ces lectures seront obligatoires. Le cas échéant, cela sera notifié aux étudiants une semaine à l'avance.
Selon les besoin, des textes plus spécifiques sont transmis aux étudiants ou groupes concernés.
D'une manière plus générale, l'étudiant est encouragé à engager sa propre recherche et à nourrir ses réflexions (bibliothèque, conférences) afin de se constituer un jugement critique.
Modalités d'évaluation et critères
Examen(s) en session
Toutes sessions confondues
- En présentiel
évaluation orale
Travail à rendre - rapport
Interrogation(s) hors session
Explications complémentaires:
La présence et la participation à toutes les activités organisées au sein de l'atelier et sur le terrain sont obligatoires. L'absence non justifiée d'un étudiant à plus de 30% des ateliers peut être un motif de refus à présenter sa remise finale.
Les travaux, qu'il soient personnels ou collectifs, sont suivis et commentés hebdomadairement. Il est donc attendu que l'étudiant présente à chaque séance son état d'avancement.
Le travail sera noté lors de deux remises :
- Une remise intermédiaire (voir calendrier prévisionnel) - pour 25 % de la note générale, apprécié par un jury constitué de l'équipe d'enseignants, d'autres enseignants de la faculté et, éventuellement, d'experts extérieurs.
- Une remise finale - pour 75 % de la note générale par un jury constitué de l'équipe d'enseignants, d'autres enseignants de la faculté et, éventuellement, d'experts extérieurs.
- L'enquête ethnographique sera appréciée au regard de la capacité de l'étudiant à en mobiliser les outils, la finesse du travail d'observation, la qualité de l'interprétation des données, les croisements des données de terrain et des données théoriques.
- Le projet sera apprécié au regard de la capacité de l'étudiant à questionner et explorer par le projet les interfaces de l'habiter, son efficacité (une réponse architecturale juste mobilisant des moyens proportionnés), la qualité et finesse des détails (matérialité, gestion des enjeux de sécurité, d'accessibilité, d'entretien, d'ergonomie...) et la qualité des documents de rendu.
- Leur articulation sera appréciée au regard de la capacité de l'étudiant à développer et à synthétiser des réflexions, explorations et prises de position dans le projet à partir du travail d'observation et des supports théoriques.
- La communication verbale et les documents graphiques seront appréciés en fonction de leur pertinence, efficacité et qualité.
Stage(s)
Remarques organisationnelles
Contacts
Julie Neuwels : Julie.Neuwels@uliege.be
Pierre de Wit : pdewit@uliege.be