2019-2020 / SOCI0111-1

Sociologie de la critique sociale

Durée

45h Th

Nombre de crédits

 Master en sociologie, à finalité spécialisée en Immigration Studies (Liège - Barcelone : double diplomation)6 crédits 
 Master en sociologie, à finalité6 crédits 
 Master en sociologie et anthropologie6 crédits 
 Master en sciences du travail6 crédits 
 Cours supplémentaires destinés aux étudiants d'échange - Erasmus (Faculté des Sciences sociales)6 crédits 

Enseignant

Mohamed Nachi

Suppléant(s)

Bruno Frère

Langue(s) de l'unité d'enseignement

Langue française

Organisation et évaluation

Enseignement au deuxième quadrimestre

Horaire

Horaire en ligne

Unités d'enseignement prérequises et corequises

Les unités prérequises ou corequises sont présentées au sein de chaque programme

Contenus de l'unité d'enseignement

En sociologie, et durant presque tout le 20e siècle, la théorie critique au sens large a servi de source d'inspiration première. Cependant quelques courants, plus marginaux, ont en Europe esquissé une autre démarche. Le pragmatisme américain, la phénoménologie, l'interactionnisme symbolique, l'anthropologie sociale  ou encore l'ethnométhodologie ont ainsi nourrit l'inspiration d'un vaste courant constructiviste contemporain qui, dans le monde francophone aujourd'hui, a pris pour parti de compléter (ou pour certains de supplanter) la tradition critique. On qualifie également ce courant de pragmatisme. Le cours que nous suggérons de donner cette année voudrait répondre à la question suivante : est-il possible de nouer ensemble critique et pragmatisme ?
Nous commencerons par envisager les traditions critiques. Inspirée par Marx, la première école de Francfort (Marcuse, Adorno, Horkheimer), combine à la classique critique de l'économie capitaliste une critique de l'industrie culturelle. Bourdieu, en France, trouvera là d'ailleurs matière à inspiration pour théoriser la domination culturelle qui structure, à l'insu des acteurs sociaux, les rapports de classes analyse-t-il. Habermas, puis Honneth, tout en reconnaissant tant la domination culturelle qu'économique, restituent aux acteurs la la capacité à prendre conscience de celles-ci pour s'en émanciper contrairement à leurs prédécesseurs. Mais dans l'ensemble de ces perspectives critiques, le monde social et les personnes qui le peuplent sont systématiquement dépeints comme violentés, pollués et privés de quelque chose.
La tradition pragmatique abordée dans un second temps permet, elle, de présenter l''acteur social comme étant autre chose que le pur réceptacle de déterminations, sujet violenté et aliéné par les structures sociales du capitalisme ou de l'État. Il n'envisage pas le monde social comme déjà « fait » et influençant les acteurs sociaux mais comme « en train de se faire ». La tâche de la sociologie, envisage d'ailleurs Latour, est de décrire la façon dont s'agrègent les humains et les non humains dans des assemblages souvent sophistiqués. Le problème, d'un point de vue politique , est que ce pragmatisme descriptif évacue totalement l'étude de la domination sociale. Or il existe bien des acteurs plus puissant que d'autres. La théorie des institutions que Boltanski suggère pour sa part permet de réintroduire la question de la domination dans une perspective qui reste par ailleurs pragmatique. Mais cette fois c'est la réintroduction d'un point de vue métapragmatique (susceptible de dresser une critique du capitalisme et de l'État plus percutante que celle des acteurs) qui pose problème.
 Est-il possible de camper une posture pragmatique qui soit également critique sans pour autant reconduire la traditionnelle conception de l'acteur aliéné, inconscient d'être dominé et de reproduire les conditions de sa propre domination (notamment en désirant s'adonner à une consommation effrénée) ? Pour maintenir le cap d'un acteur lui-même compétent et critique en pragmatisme nous mobiliserons les épistémologies du Sud. Nous tâcherons de construire de la sorte un pragmatisme associationiste  critique et tendanciellement libertaire susceptible à la fois de galvaniser les capacités critiques des acteurs tout à repérant pratiquement et empiriquement quels sont les ennemis  auxquels ils doivent faire face et qui sont bien souvent des institutions dominantes.
 


 

Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) de l'unité d'enseignement

Partant des concepts de critique sociale (aliénation, réification, domination et émancipation), le cours vise à initier une réflexion sociologique comparative sur la variété des formes de critique sociale et de résistance et sur les enjeux de l'émancipation. Se présentant sous la forme d'un séminaire, le cours doit aussi aider les étudiants à développer leur esprit d'analyse critique, comprendre ce que nous devons aux théories du même nom et leurs limites que nous enseignent les perspectives pragmatiques.

Savoirs et compétences prérequis

une bonne maîtrise des grands courants des sciences sociales (généralement vus en bac) est nécessaire.

Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement

cours ex-caetedra ponctué de discussions

Mode d'enseignement (présentiel ; enseignement à distance)

Enseignement interactif. Les séances s'achèvent idéalement 15 minuts avant la fin du cours pour permettre les échanges. Il est conseillé aux étudiants d'assister au cours car il peut à certains égards s'avéré relativement théorique. De nombreux concepts issus des traditions critiques et pragmatiques sont mobilisés et certains raisonnements empruntent à divers disciplines (sociologie, anthropologie, histoire des idée, sciences politiques et économiques, ...).

Lectures recommandées ou obligatoires et notes de cours

Un syllabus (version brouillon d'un livre à paraître, est disponible aux Presses de l'ULliège. Il s'agit d'une version approfondie des éléments vus au cours en powerpoint. Rien de ce qui figure dans ce syllabus et qui n'a pas été vu au cours ne sera matière d'examen. C'est un document destiné à aider l'étudiant dans sa compréhension du cours.

Modalités d'évaluation et critères

L'examen oral se déroulera en deux temps. Dans un premier temps l'étudiant présentera le travail préalablement réalisé par ses soins (10 points). Il s'agira dans ce travail d'entreprendre l'analyse scientifique d'un article de presse quelconque à partir d'un des chapitres du cours et/ou un des grands auteurs discutés. Le travail devra faire entre 5 et 10 pages soit entre 12 000 et 25 000 signes. Des éléments bibliographiques peuvent être utilisés, en plus du chapitre concerné, mais sans obligation. Dans un second temps, une question sera posée sur un autre chapitre du cours afin d'évaluer l'étendue de la maîtrise de la matière par l'étudiant (10 points). La note globale est sur 20 points. Il est attendu des étudiants qu'ils remettent leur travail au plus tard une semaine avant l'examen oral.

Stage(s)

Remarques organisationnelles

Contacts

Enseignant:B. Frère, tel : +32 4 366 48 89
email : bfrere@uliege.be
 

Adaptation des engagements pédagogiques suite à la pandémie de COVID-19 pour la session de mai-juin

Méthodes d'apprentissage mises en œuvre : enseignement à distance

Le cours s'est donné par skype dès le confinement annoncé. Les podcasts de ces séances par skype se trouvent sur Myuliège. Nous ne verons pas les trois derniers chapitres du syllabus (6, 7 et 8) et nous nous achèverons ce cours, après le point 2 du chapitre 5 (5.2) par une rapide conclusion empruntée à la conclusion du syllabus.
Attention : les dias du chapitre 5 comportent des titres différents des titres du syllabus du simple fait qu'il a fallu adapter le ppt aux séances perdues. 
Ceux qui ne se l'étaient pas encore proccuré et qui en ont fait la demande par mail se sont vus envoyer le syllabus par la poste. Ce dernier est, pour rappel, le brouillon d'un livre à paraître et doit être considéré comme tel. Il s'agit d'un support qui complète le cours mais ne le remplace pas. Il est par ailleurs demandé aux étudiants de bien veiller à remplacer la notion de "critique positive" (dans le symlabus) par la notion de "critique constructive" (vue au cours).

Matière de l'évaluation

L'évaluation consistera en un examen oral, par vidéoconférence, de +- 17 minutes par étudiant(e). Il sera composé de deux parties (2X10 points). Dans une première partie , l'étudiant(e)s présentera son travail personnel. Il est en effet demandé à chacun(e) de produire une analyse d'article de presse quelconque (pris dans un quotidien, un hebdomadaire ou un mensuel) à partir de quelques concepts vus au cours et/ou d'un auteur central (Boltanski, Latour, Honneth, Habermas, Bourdieu, Adorno, Horkheimer, ...). Ce travail devra être composé en times 12, interligne 1,5 et comporter entre 7500 et 15000 signes maximum (espaces, note et bibliographie comprise s'il y en a une). Il est demandé aux étudiant(e)s de me le faire suivre par mail pour le vendredi 29 mai 2020 au plus tard. Je reste à leur disposition pour toute précision par mail. A noter que les étudiant(e)s sont libres d'utiliser ou non une bibliographie supplémentaire (par exemple en utilisant des textes d'auteurs vus mais aussi éventuellement d'autres auteurs). Dans ce cas il leur est demandé de faire un usage correct et des modalités de citations de textes scientifiques.
La seconde partie de l'examen portera sur une discussion libre sur le cours à partir d'une question posée par l'enseignent.
Eu égard aux conditions tout à fait exceptionnelles d'un examen par vidéoconférence, ce dernier pourra s'effectuer à "cours ouvert". Aucun temps de préparation ne pourra être laissé.  
 

Méthodes d'évaluation

L'évaluation portera sur la bonne compréhension des principaux concepts  et auteurs vus au cours par le biais de :
1) une discussion sur le court travail produit (10 points)
2) une discussion à partir d'une question sur une partie du cours non abordée dans la discussion autour du travail (10 points)
 

Contact

bfrere@uliege.be

Adaptation des engagements pédagogiques suite à la pandémie de COVID-19 pour la session août-sept

Matière de l'évaluation

La matière reste la même qu'en première session

Méthodes d'évaluation (et plateforme utilisée)

Début août les étudiant(e)s devant présenter l'examen en seconde session recevrons un email suggérant de me transmettre leur identifiant skype afin de prévoir une première connexion à l''occasion d'une des séances de permanence "test" que j'assurerai sur ce même dispositif. Les étudiant(e)s qui ne disposent pas de skype pourront se connecter par lifesize à l'occasion des mêmes permanences (un lien lifesize sera transmis). Le contact ayant été établi au préalable au moins une fois avec chaque étudiant(e)s, je contacterai chacun(e) d'entre eux (elles) le jour de l'examen à l'heure prévue sur la grille horaire. La structure de l'épreuve reste la même qu'en première session : celle-ci aura lieu à livre ouvert. Il est demandé aux étudiants de me transmettre leur travail écrit  (selon les mêmes exigences qu'en premières sessions) pour le mardi 25 août. A l'issue de la présentation de leur travail, une question sur le cours sera posée. Les étudiant(e)s doivent donc se montrer particulièrement vigilants. Il s'agira d'être capable de faire des liens entre les différentes parties du cours. 
Je reste disponible par email pour toute question. 

Contact(s)

Notes en ligne

Faire émerger la critique dans le monde. Repenser l¿émancipation
Bonjour, vous trouverez ci-joint le ppt du cours de sociologie de la critique sociale. Il est complété de semaine en semaine et je tâcherai de le remplacer l'une ou l'autr fois avant la fin du cours; A l'issue du dernier cours, il sera posté dans sa version défninitive.