Durée
Séminaire d'esthétique et théories critiques de la culture : 45h SEM
Analyse critique d'une oeuvre artistique : 30h Th
Nombre de crédits
| Master en communication, à finalité | 5 crédits | |||
| Master en philosophie, à finalité | 15 crédits |
Enseignant
Séminaire d'esthétique et théories critiques de la culture : Grégory Cormann, Maud Hagelstein, Antoine Janvier
Analyse critique d'une oeuvre artistique : Grégory Cormann, Maud Hagelstein, Antoine Janvier
Coordinateur(s)
Langue(s) de l'unité d'enseignement
Langue française
Organisation et évaluation
Enseignement durant l'année complète, avec partiel en janvier
Horaire
Unités d'enseignement prérequises et corequises
Les unités prérequises ou corequises sont présentées au sein de chaque programme
Contenus de l'unité d'enseignement
Séminaire d'esthétique et théories critiques de la culture
Le séminaire portera cette année (2018-2019) sur les « poétiques de l'histoire ».
On partira du problème poétiquequi se pose à la discipline historique à la modernité, suivant une proposition de Jacques Rancière : constituer « en langue de vérité la langue aussi bien vraie que fausse des histoires », des récits, des narrations ; faire fond sur « l'indétermination ontologique du récit » pour produire un savoir historique - un savoir des actions, des transformations, des durées propres aux sociétés humaines. Selon Rancière « la poétique du savoir s'intéresse aux règles selon lesquelles un savoir s'écrit et se lit, se constitue comme un genre de discours spécifique » (Jacques Rancière, Les noms de l'histoire. Essai de poétique du savoir, Paris, Seuil, 1992).
C'est dire que la singularité du savoir historique tient à une ambivalence, qui noue, en une relation instable et toujours problématique, mais nécessaire, la production de savoir etla production narrative - sous des formes d'expressions variables : littéraires, picturales, cinématographiques, etc. D'où la prétention littéraire, voire artistique, qui nourrit, jusque-là même où ils la refoulent, les travaux des historiens ; d'où, à l'inverse, la prétention scientifique ou savante qui traverse la littérature, le cinéma, la bande dessinée ou la peinture traitant du « passé », jusque dans ses formes les plus apparemment détachées de la réalité historique.
Le séminaire explorera les différentes manières dont, à la modernité, la discipline historique a joué de cette relation ambivalente avec les différentes formes artistiques de narration - et inversement, les manières dont les différentes formes artistiques de narration se sont mêlées de, ou ont été mêlées àla production d'un savoir.
On se penchera en particulier sur trois auteurs-pivots, correspondant chacun à une conjoncture ou une séquence-clé de la modernité :
- Jules Michelet et le XIXe siècle hanté par l'espoir et l'effroi de la Révolution ;
- les fondateurs de l'École des Annales, March Bloch et Lucien Febvre, et la conjoncture de la « guerre civile européenne » (selon l'expression d'Enzo Traverso pour les années 1914-1945) ;
- Carlo Ginzburg et le bouleversement des années 1960-1970, entre l'héritage impossible du projet moderne d'émancipation après 1945 et le tourbillon des luttes révolutionnaires et décoloniales.
Analyse critique d'une oeuvre artistique
Cette année (2018-2019), le cours portera sur le film Le Retour de Martin Guerre (1982), de Jean-Claude Carrière et Daniel Vigne, réalisé avec l'aide de l'historienne Natalie Zemon-Davis.
L'histoire de Martin Guerre est le récit reconstitué d'une célèbre imposture se déroulant au 16èmesiècle, une usurpation d'identité ayant donné lieu à un procès et à une condamnation non contestée. Quand Martin Guerre rentre chez lui après une absence de douze ans, il trouve sa femme (épousée alors qu'ils n'étaient que des « enfants ») avec un autre Martin Guerre, qui vit chez elle depuis 3 ans, élève son enfant et prétend à son héritage. Le procès qui en découle, ainsi que toutes les uvres (historiques, littéraires, cinématographiques) qui depuis en tentent le récit, réclament une enquête complexe visant à distinguer le faux, le supposé et le vrai.
On partira du film de Carrière et Vigne pour envisager à partir de là les multiples versions successives de ce récit : le texte de Jean de Coras, l'évocation qu'en fait Montaigne dans ses Essais(chapitre « Des boiteux »), la nouvelle d'Alexandre Dumas (1839-1840) sur Martin Guerre dans Les crimes célèbres, l'enquête historique de Natalie Zemon-Davis réalisée pour le film Le retour de Martin Guerreet qui débouchera en 1982 sur la publication d'un livre consacré à l'affaire, la préface de Carlo Ginzburg au livre de Zemon-Davis, le remake américain Sommersbyde Jon Amiel (1993) avec Richard Gere, le spectacle Montaignemis en scène et présenté par Koen de Sutter, etc.
Trois dimensions nous occuperont en particulier : le plan de la poétique de l'histoire (problème de la vérité, de l'enquête, des conjectures, de la mise en récit), celui de l'histoire paysanne (spécifiquement du point de vue des conflits liés à l'appropriation des terres et à l'économie paysanne), et celui de l'histoire des femmes (comment les femmes se débrouillent avec un système de contraintes multiples).
Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) de l'unité d'enseignement
Savoirs et compétences prérequis
Séminaire d'esthétique et théories critiques de la culture
aucun
Analyse critique d'une oeuvre artistique
aucun
Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement
Séminaire d'esthétique et théories critiques de la culture
Leçons magistrales suivies de discussion, séances de travail collectif, classe inversée.
Analyse critique d'une oeuvre artistique
Leçons magistrales suivies de discussions, séances de travail collectif, classe inversée, invitations d'auteurs.
Mode d'enseignement (présentiel ; enseignement à distance)
Lectures recommandées ou obligatoires et notes de cours
Séminaire d'esthétique et théories critiques de la culture
Une bibliographie sera fournie au premier cours. On travaillera en particulier, sur la question "poétique" :
Michel de Certeau, L'écriture de l'histoire [1975], Paris, Gallimard, Folio, 2002.
Lucien Febvre, Combats pour l'histoire [1953], dans Vivre l'histoire, éd. B. Mazon et B. Müller, Paris, Robert Laffont, 2009.
Carlo Ginzburg, Le fil et les traces. Vrai faux fictif, tr. M. Rueff, Paris, Verdier, 2010 ; et Rapports de forces. Histoire, rhétorique, preuve, tr. J.-P. Bardos, Paris, Gallimard/Seuil, 2003.
Jules Michelet, "préface de 1847", "préface de 1868" et "introduction" à Histoire de la révolution française, éd. G. Walter, tome I volume 1, Paris, Gallimard, Folio, 2001.
Jacques Rancière, Les noms de l'histoire. Essai de poétique du savoir, Paris, Seuil, 1992 (on le trouvera aussi sous le titre Figures de l'histoire, Paris, PUF, 2012).
Analyse critique d'une oeuvre artistique
Une bibliographie sera fournie en début de cours.
On peut déjà regarder :
Le retour de Martin Guerre, un film de Jean-Claude Carrière et Daniel Vigne, 1982, 125'.
Et lire :
Nathalie Zemon Davis, Le Retour de Margin Guerre [1982], Paris, Tallandier, Texto, 2008.
Modalités d'évaluation et critères
Séminaire d'esthétique et théories critiques de la culture
Travail écrit discuté lors d'un entretien oral : les modalités du travail seront présentées au premier cours.
Stage(s)
Remarques organisationnelles
Séminaire d'esthétique et théories critiques de la culture
Le séminaire aura lieu toute l'année, dans l'Espace du département de philosophie (Place du 20-Août, B. A1, 3e étage), en moyenne un vendredi sur deux, de 14h à 17h.
Séance introductive le mardi 18 septembre à 14h dans l'Espace du département de philosophie.
Dates :
Q1
18 septembre
12 octobre
26 octobre
9 novembre
23 novembre
7 décembre
21 décembre
Q2
15 février
22 février
1 mars
15 mars
29 mars
26 avril
3 mai
Analyse critique d'une oeuvre artistique
Le cours aura lieu au premier quadrimestre, tous les mardi de 14h à 16h, dans l'Espace du département de philosophie (B. A1, 3è étage).
Premier cours le mardi 18 septembre.