Programme des cours 2016-2017
PHIL0227-1  
Philosophie politique de l'éducation
Durée :
30h Th
Nombre de crédits :
Master en philosophie, à finalité6
Nom du professeur :
Antoine Janvier
Langue(s) de l'unité d'enseignement :
Langue française
Organisation et évaluation :
Enseignement au premier quadrimestre, examen en janvier
Unités d'enseignement prérequises et corequises :
Les unités prérequises ou corequises sont présentées au sein de chaque programme
Contenus de l'unité d'enseignement :
Cette année 2016-2017, le cours sera consacré au thème des "cultures populaires" tel qu'il s'est développé depuis les années 1960 dans le champ des sciences historiques et sociales.
On abordera les études sur les cultures populaires et leurs objets (sorcellerie, magie, moeurs du peuple urbain, pratiques dialectales et argotiques, littérature du crime) en partant d'auteurs qui se situent aux limites de ces études: Ginzburg, Farge, Rancière, etc. Ces auteurs ont en commun de travailler sur des cas qui relèvent de l'exception ou de l'anomalie, ou plus exactement de l'aventure culturelle singulière, permettant de déplacer ou de formuler de manière inédite une série d'apories internes aux études sur les cultures populaires: rendre visibles les invisibles, faire parler les sans-voix, nommer les anonymes, restituer une culture orale par l'écrit, etc.
On distinguera quatre pistes de recherches:
  • Dans une perspective généalogique, on chercher à reconstituer les lignes théoriques générales qui se croisent chez les auteurs envisagés: le "marxisme occidental" (Lukàcs, Gramsci), l'Ecole des Annales (Febvre, Braudel, Le Roy Ladurie), les pensées critiques des partages fondateurs de l'anthropologie, de l'esthétiques et de la philosophie politique modernes (Ecole de Francfort, Deleuze-Guattari, Foucault, Derrida). Il s'agira d'envisager les remaniements, les reprises et les pas de côtés que font nos auteurs par rapport à ces courants.
  • Dans une perspective politique et esthétique, on abordera les cultures populaires en tant que formes de vie, de croyances et de conceptions du monde hétérogènes au capitalisme mondial intégré - à partir du porblème de leur survivance possible ou de leur disparition (Bakhtine, Mandrou, Thompson ou De Martino). Il sera ainsi possible de les relire en contrepoint de la sociologie de la culture de masse, pour demander quelles formes d'hétérogénéités internes ou externes, précédant ou accompagnant le développement de la modernité capitaliste, sont encore imaginables et praticables. On sera particulièrement attentif aux effets des pratiques artistiques tant dans les luttes politiques que dans les manières de produire et de diffuser les savoirs sociaux et historiques (Groupe Medvedkine, Chris Marker, Pier Paolo Pasolini, etc.).
  • Dans une perspective épistémologique, on envisagera la manière dont, en flirtant avec l'impossible, ces travaux sur les cultures populaires donnent lieu à des mises en récit et en visibilité qui peuvent inviter à envisager à nouveaux frais la production et la circulation du savoir et des oeuvres culturelles. Comment l'étude des cultures populaires contraint-elle le discours scientifique à mettre en cause ses propres procédures et catégories? Quelles formes d'expression faut-il inventer pour rendre compte de ce qui est l'Autre de la culture savante?
  • Dans une perspective conceptuelle, on interrogera la pertinence même des catégories de "culture" et de "populaire", jusqu'à ébranler leur consistance. Le concept de "culture" et tous les partages qui lui sont associés (savant/populaire, écrite/orale, d'élite/de masse, etc.) ne sont-ils pas intrinsèquement liés à un projet de domination et de reproduction sociales? Ne devrait-on pas en finir radicalement avec ces conceptions, inventer de nouvelles pratiques de savoir, des mises en forme inédites? Le concept de "populaire" ne trahit-il pas toujours déjà le fait que les formes légitimes de la culture n'émanent pas du peuple, mais de ceux qui le dominent? Ne faudrait-il pas dénoncer une opération sociale implicite, de folklorisation ou de répression, visant précisément à tenir le peuple à distance (de Certeau Julia et Revel, Guattari)?
 
Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) de l'unité d'enseignement :
Déterminer la place des questions culturelles et des partages qui sous-tendent nos conceptions contemporaine du rapport éducatif dans le champ de la politique moderne et contemporaine, et leur valeur conceptuelle pour relire la philosophie politique.
Savoirs et compétences prérequis :
Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement :
Le cours croisera séances magistrales, temps dédiés discussions et au travail collectif (par exemple sous la forme d'exposés faits par les étudiants), et conférences d'invités.
Mode d'enseignement (présentiel ; enseignement à distance) :
Présentiel.
Lectures recommandées ou obligatoires et notes de cours :
Modalités d'évaluation et critères :
Les édudiants réaliseront un travail d'une quinzaine de pages, qui fera l'objet d'une discussion lors de l'examen.
Stage(s) :
Remarques organisationnelles :
Le cours aura lieu au premier quadrimestre, le jeudi de 10h à 12h, au local Philo 1, place du 20 Août (Bâtiment A1, 2ème étage, couloir du département de philosophie).
La thématique sera prolongée au sein du Séminaire d'Esthétique et sciences de l'art (tit. M. Hagelstein) qui aura lieu au second quadrimestre, le vendredi de 10h30 à 12h30, au local A2/5/13.
Contacts :
Antoine.Janvier@ulg.ac.be