Programme des cours 2016-2017
PHIL0079-1  
Questions de métaphysique
Durée :
30h Th
Nombre de crédits :
Master en philosophie, à finalité5
Master en philosophie5
Nom du professeur :
Julien Pieron
Langue(s) de l'unité d'enseignement :
Langue française
Organisation et évaluation :
Enseignement au deuxième quadrimestre
Unités d'enseignement prérequises et corequises :
Les unités prérequises ou corequises sont présentées au sein de chaque programme
Contenus de l'unité d'enseignement :
 
Le cours de cette année sera consacré à L'image-temps de Gilles Deleuze.
 
Le cours prendra la forme d'un séminaire divisé en 10 séances. Chaque séance sera consacrée à l'étude d'un chapitre du livre, et à la projection éventuelle d'extraits de film en rapport avec les principaux concepts, œuvres ou thématiques abordés dans le chapitre.
 
Bien que cadré par l'ordre des chapitres, le cours suivra la voie exploratoire d'une recherche, à laquelle les étudiants contribueront via le travail qui servira de base à l'évaluation (cf. modalités d'évaluation).
 
L'objectif du cours sera de travailler à une appropriation métaphysique de L'image-temps.
On sait que Deleuze mobilise dans Cinéma 2 un nombre important de références philosophiques (entre autres : Kant, Nietzsche, Bergson, Péguy, Heidegger, Simondon) pour penser le cinéma, et plus particulièrement la modernité cinématographique, envisagée à travers le concept d'« image-temps ».
La question la plus générale que nous voudrions poser au livre est double. A quelles conditions et sous quel rapport les philosophies précédemment mentionnées (et quelques autres) permettent-elles de penser le cinéma ? En retour, en quoi la prise en compte du cinéma peut-elle réagir sur ces philosophies, et contribuer à en faire émerger de nouvelles lectures, qui sont autant de déformations créatrices ?
En d'autres termes : Quels sont les concepts et les schèmes métaphysiques qui permettent de penser le régime de l'image-temps caractéristique du cinéma moderne ? En retour, qu'est-ce que le cinéma moderne nous donne à sentir et à penser du temps qui pourrait compléter, élargir, ou bouleverser ce qu'en pense la métaphysique ?
 
Si la démarche de Deleuze penseur de l'image-temps est séduisante et féconde, on gardera à l'esprit qu'un travail rigoureux sur ce livre est une entreprise difficile, en raison des couches de matériaux hétérogènes qu'il brasse : à une connaissance détaillée de l'histoire du cinéma classique et moderne, Deleuze ajoute une connaissance presque aussi détaillée de la production théorique et critique sur le cinéma (essentiellement dans le domaine francophone) ; à l'usage sauvage de la sémiologie de Peirce, Deleuze superpose une discussion critique des recherches sémiotiques consacrées à la langue des images ; enfin, la mobilisation explicite ou implicite des grands auteurs de la philosophie s'accompagne le plus souvent d'une mobilisation tacite des propres travaux de Deleuze, qui trouvent à en quelque sorte à s'appliquer, mais aussi à se rejouer, dans la confrontation avec les films - à moins que, avant toute application ou réélaboration, ils ne trouvent dans cette fréquentation du cinéma leur secrète origine.
 
Il est évident que nous ne pourrons, en quelque séances, prétendre couvrir l'ensemble de ces dimensions du travail de Deleuze, et qu'il nous faudra faire des choix. Ceux-ci seront dictés par les principes suivants :
 
-donner la primauté aux questions d'ordre métaphysique, et prendre le temps de présenter des références philosophiques peu ou pas étudiées dans le cursus de bachelier ;
-ne pas nous enfermer immédiatement dans des problèmes de spécialistes (qu'il s'agisse d'histoire de la philosophie deleuzienne ou d'histoire du cinéma), mais essayer de mettre d'abord en évidence l'intérêt « généraliste » du travail de Deleuze sur le cinéma moderne ;
-nous donner l'occasion de saisir et d'interroger les modalités de la confrontation de la philosophie avec une « matière étrangère » (- ici le cinéma moderne, ainsi que la production critique qui l'accompagne) : il s'agira d'éprouver comment cette matière étrangère inspire la philosophie, dans quelle mesure elle lui résiste, et comment elle est en retour travaillée par elle.
 
Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) de l'unité d'enseignement :
 
Au terme du cours, les étudiants devraient être capables :
-d'identifier et de réexposer quelques grands schèmes métaphysiques de pensée du temps, et de saisir les inflexions que leur apporte la philosophie deleuzienne.
-d'appliquer ces schèmes à une « matière étrangère » pour en faire la critique - au double sens de dégager la pensée à l'œuvre dans cette matière étrangère, et d'éprouver la fécondité et les limites de ces schèmes.
 
Savoirs et compétences prérequis :
 
Les acquis du bachelier en philosophie sont souhaitables.
Le cours de cette année s'inscrit dans le prolongement direct du cours de Métaphysique (PHIL0016-2) de bachelier, consacré aux métaphysiques du temps.
 
Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement :
 
Séances de séminaire et projections de films (cf. remarques organisationnelles).
Mode d'enseignement (présentiel ; enseignement à distance) :
 
Présentiel.
Lectures recommandées ou obligatoires et notes de cours :
 
Lectures recommandées :
 
-H. Bergson, Matière et mémoire. Essai sur la relation du corps à l'esprit, Paris, PUF, « Quadrige », 2012.
-H. Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, Paris, PUF, « Quadrige », 2008, chap. II : « La religion statique ».
-H. Bergson, L'énergie spirituelle, Paris, PUF, « Quadrige », 2009, chap. V : « Le souvenir du présent et la fausse reconnaissance ».
-S. Daney, Ciné journal. Volume I/1981-1982, Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, 2005.
-G. Deleuze, Cinéma 2 - L'image-temps, Paris, Minuit, 1985.
-D. Haraway, Staying with the Trouble : Making Kin in the Chthulucene, Duke University Press, Durham and London, 2016.
-I. Krtolica, Gilles Deleuze, Paris, PUF, « Que sais-je », 2015.
-Ch. Péguy, Note sur M. Bergson et Note conjointe sur M. Descartes, édité par A. Cavazzini et J. Soskin, Presses Universitaires de Liège, 2016.
 
Modalités d'évaluation et critères :
 
L'évaluation repose sur une présentation publique d'une vingtaine de minutes, suivie d'une discussion avec le professeur et la classe, lors d'une mini-journée d'étude organisée durant la session. Les travaux seront réalisés individuellement ou en groupe de deux ou trois personnes.
Les étudiants déposeront une dizaine de jours avant l'examen une version écrite de leur exposé. Cette version préparatoire sera préalablement discutée avec le titulaire, qui fera aux intéressés des suggestions d'amélioration ou d'approfondissement. La version finale sera présentée publiquement.
Trois points d'entrée sont envisageables pour la réalisation du travail : l'étude d'un concept présent chez l'un des auteurs de la tradition philosophique discutés ou évoqués au cours (1) ; l'analyse d'un film (2) ; l'étude d'une monographie consacrée à un cinéaste, une œuvre ou un aspect du cinéma moderne (une technique, une des composantes de l'image, etc.) (3).
A partir du point d'entrée choisi, le travail s'appliquera à éclairer, par le biais d'une discussion critique, un extrait de L'image-temps. L'idée est de poursuivre par là le travail d'élucidation critique entamé au cours.
 
Stage(s) :
Remarques organisationnelles :
 
Le cours prendra la forme d'un séminaire de recherche divisé en 10 séances de 3 heures, chacune consacrée à un chapitre de L'image-temps.
 
Chaque séance sera précédée d'une projection au complexe Opéra.
 
Le film projeté sera choisi pour son caractère emblématique et sa résonance avec les œuvres et/ou les thèmes abordés dans le chapitre étudié.
 
 
Programme des séances et projections :
 






  • A) Séances de séminaire (le jeudi, de 10h00 à 13h00, salle A1/3/22) :
 
Séance I. « Au-delà de l'image-mouvement » : 9 février 2017.
Séance II. « Récapitulation des images et des signes » : 16 février 2017.
Séance III. « Du souvenir aux rêves » : 2 mars 2017.
Séance IV. « Les cristaux de temps » : 9 mars 2017.
Séance V. « Pointes de présent et nappes de passé » : 23 mars 2017.
Séance VI. « Les puissances du faux » : 30 mars 2017.
Séance VII. « La pensée et le cinéma » : 20 avril 2017.
Séance VIII. « Cinéma, corps et cerveau, pensée » : 27 avril 2017.
Séance IX. « Les composantes de l'image » : 4 mai 2017.
Séance X. « Conclusions » : 11 mai 2017.
 
 






  • B) Projections (le mardi, de 16h15 à 19h15, Complexe Opéra, salle Berthe Bovy) :
 
1) Y. Ozu, Le goût du saké (1962) : 7 février 2017.
2) M. Antonioni, L'avventura (1960) : 14 février 2017.
3) J. Mankiewicz, Soudain l'été dernier (1959) : 21 février 2017. - Attention au décalage : cette projection aura exceptionnellement lieu une semaine avant la séance de séminaire du 2 mars !
4) L. Visconti, Le guépard (1963) : 7 mars 2017.
5) A. Resnais, Je t'aime je t'aime (1968) : 21 mars 2017.
6) O. Welles, M. Arkadin (1955 - montage de 2006 ; 105 min.) : 28 mars 2017.
7) J.-L. Godard, La chinoise (1967) : 18 avril 2017.
8) A. Varda, Documenteur (1981) suivi de Mur murs (1981) : 25 avril 2017.
9) J.-M. Straub et D. Huillet, Cézanne : Conversation avec Joachim Gasquet (1989), suivi de Une visite au Louvre (2004) : 2 mai 2017.
10) JLG, Histoire(s) du cinéma : 3a. La monnaie de l'absolu ; 4a. Le contrôle de l'univers (1998) : 9 mai 2017.
 
Contacts :
julien.pieron@ulg.ac.be