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Année académique 2014-2015Données en date du : 12/05/2015
PHIL0227-1  Philosophie politique de l'éducation

Durée :  30h Th
Nombre de crédits :  
Master en philosophie, à finalité approfondie, 1re année6
Nom du professeur :  Antoine Janvier
Langue(s) du cours :  
Langue française
Organisation et évaluation :  
Enseignement au premier quadrimestre, examen en janvier
Contenus du cours :  
Cette année 2014-2015, le cours portera sur le problème de l'éducation à la modernité, soit, grosso modo, dans le champ ouvert par « la proposition de l'égaliberté » (Etienne Balibar). Il s'agira d'étudier les différentes façons dont ce problème s'est imposé en philosophie et dont, en retour, la philosophie l'a posé, dans un double dialogue avec les sciences humaines d'une part, et les institutions et acteurs de l'éducation d'autre part.
L'hypothèse centrale du cours est qu'à la modernité, l'éducation est devenue à la fois nécessaire et problématique, de trois points de vue : politico-idéologique, socio-économique et anthropologique. 
  • Politico-idéologique : d'un côté, l'éducation est nécessaire comme arrachement aux différentes inégalités naturelles, sociales et coutumières, et comme forme privilégiée de la réalisation de l'égalité citoyenne ; mais d'un autre côté, elle implique la détermination d'une finalité et d'une hiérarchie contradictoires avec l'absence de fondement ouverte par la rupture démocratique. C'est le problème du jeu entre égalité et inégalité en éducation.
  • Socio-économique : d'un côté, l'éducation est nécessaire comme outil d'intégration sociale, c'est-à-dire comme moyen de formation indispensable aux fonctions requises par l'appareil d'État et aux formes différentiées de mise au travail mobilisées par le mode de production capitaliste ; mais d'un autre côté, comme temps et espace spécifiques, elle est en son principe désaxée à l'égard de finalités socio-économiques qu'elle ne remplit qu'en y introduisant, en même temps, des écarts et des ratés. C'est le problème du jeu entre puissance (ou compétences, capacités) et impuissance en éducation.
  • Anthropologique : d'un côté, l'éducation est nécessaire à la constitution du sujet humain dont la nature n'est pas donnée mais doit être construite, moyen de réalisation de la liberté individuelle ; mais d'un autre côté, le processus éducatif est profondément soumis à la contingence originaire qui marque désormais la figure de l'homme, et la construction de la liberté ne cesse d'osciller entre le fantasme d'une maîtrise absolue de l'existence et la menace d'une vie vouée au hasard. C'est le problème du jeu entre contingence et maîtrise en éducation.
Le cours mettra cette hypothèse à l'épreuve à partir d'une triple analyse, correspondant aux trois temps du cours :
  • analyse des textes philosophiques (Rousseau, Condorcet, Kant, Marx, Bergson, Alain, Dewey), des travaux historiques (Ariès, Julia, Becchi, Ozouf, Mayeur, Prost) et des travaux sociologiques ou de sociologie historique (Bourdieu, Baudelot et Establet, Willis, Castel, Donzelot) sur l'éducation à la modernité ;
  • analyse d'expérimentations éducatives - scolaires et extra-scolaires - qui se sont constituées en affrontant les contradictions et les impasses de l'éducation à la modernité : éducation de Victor de l'Aveyron par Jean Itard, école mutuelle, pédagogie Freinet, pédagogie institutionnelle, école de Barbiana, « tentatives » de Fernand Deligny, « institution éclatée » de Bonneuil (Maud Mannoni), Groupes Medvedkine, cinéma politique d'Alexandre Kluge, etc.;
  • analyse du thème de la crise de l'éducation au 20ème siècle, que nous interpréterons moins comme un avatar de la destruction contemporaine des idéaux de la modernité que comme une radicalisation, sous l'effet d'une conjoncture complexe, des tensions et des apories internes à l'idée moderne d'éducation elle-même. 
On cherchera ainsi à éclairer les rapports entre éducation et politique à l'époque moderne, et à déterminer les conditions et les modalités sous lesquelles ces rapports se posent aujourd'hui.
Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) du cours :  
Déterminer la place des questions d'éducation dans le champ de la politique moderne et contemporaine, et leur valeur conceptuelle pour relire la philosophie politique.
Prérequis et corequis / Modules de cours optionnels recommandés :  
Activités d'apprentissage prévues et méthodes d'enseignement :  
Le cours croisera séances magistrales, temps dédiés discussions et au travail collectif (par exemple sous la forme d'exposés faits par les étudiants), et conférences d'invités.
Mode d'enseignement (présentiel ; enseignement à distance) :  
Présentiel.
Lectures recommandées ou obligatoires et notes de cours :  
Modalités d'évaluation et critères :  
Les édudiants réaliseront un travail d'une quinzaine de pages, qui fera l'objet d'une discussion lors de l'examen.
Stage(s) :  
Remarques organisationnelles :  
Le cours aura lieu au premier quadrimestre, le jeudi de 10h à 12h, au local Philo 1, place du 20 Août (Bâtiment A1, 2ème étage, couloir du département de philosophie).
Contacts :  
Antoine.Janvier@ulg.ac.be



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